Poème

Ombre douce de la nuit, peuplant mes rêves,
Je vis et m’éveille sous ton œil ébloui
O, divine merveille, quand tes astres s’élèvent,
Tout l’univers s’enfuit en glissant sans un bruit
Vers une terre nouvelle
Où entendre le bruit
Du vide sur tes ailes
Quand tu ris.

Le temps joue à s’arrêter au gré des vents du levant
Patiemment, étourdi d’avoir tourné autant
Autour de ses instants sans cesser de filer,
Le temps, ce vagabond, s’en va sans vaciller
S’envole et redescend
Se pose infiniment
S’endort profondément
Il est temps.

 

Souvent, au gré des vents du levant, ombre douce de la nuit, je sors de mon abris
Fatiguée déjà d’avoir tourné autant, je vis et m’éveille sous le ciel qui pâlit.
Je vois le jour frémir sans cesser de filer ; O, divine merveille qu’est le matin qui naît !
La lumière nouvelle s’en va sans vaciller, tout l’univers s’enfuit quand paraissent ses rais
Et le ciel redescend vers une terre légère
Cherchant infiniment où entendre l’éclair,
Cherchant profondément du vide le mystère
Et du beau temps quand il se perd.

Dans la lumière peuplant mes rêves, le temps joue à s’arrêter, lentement
Et je l’attends sous ton œil ébloui, patiemment, étourdi par le poids des ans
Puis, quand tes astres s’élèvent autour de ses instants, je t’observe, firmament
Et soudain je ressens qu’en glissant sans un bruit, le temps, ce vagabond se fait bien moins présent
Son absence nouvelle s’envole et revient
De son passé le cri se pose puis s’oublie
Et sur tes ailes s’endort ce temps qui n’est plus rien
Enfin tu ris, il est parti.