De nuit

Un fantôme se tient derrière toi. Il est silencieux, furtif et invisible, mais tu sais qu’il est là. Tu sens sa présence. Il est froid, menaçant, intriguant.

Il ne ne veut pas de mal, non. Il est juste là. Il rode dans les environs, à la recherche désespérée d’un introuvable salut. Et toi, que viens-tu faire ici, auprès de lui ? Tu rodes, toi aussi ?

QUE CHERCHES-TU !?

Tu as peur, n’est-ce pas ? Oui, la peur d’être seul, seul sans aide, seul sans repère, seul sans but, seul sans espoir. Je comprends, tu n’as pas voulu arriver ici. Personne ne veut arriver ici, tout le monde ici cherche à fuir. Mais tu ne peux t’échapper. Réfléchis.

Vois-tu, mon cher, tu es dans l’infini. Il n’y a pas de limite, pas de frontière, pas de danger. Cependant, tu n’es pas libre pour autant. Non, tu n’es pas libre. Ce fantôme que tu ressens, te suivra. À la différence de toi, il a un objectif précis. Pourtant, il ne pourra l’atteindre.

Vous êtes tous les deux ici, dans cette campagne sombre et recouverte d’une brume.

Ce fantôme, c’est ton double. C’est ton autre toi, c’est ce qui se tapit en toi. C’est ta vraie nature, ton âme.

Cette âme, sombre et innocente à la fois, en te suivant sans cesse et en te faisant prendre conscience de ce que tu es vraiment, te torturera.

Je m’en vais. Je te souhaite de pouvoir réfléchir ; mais tu as le temps, beaucoup de temps.

Bienvenu en enfer, mon jeune ami !

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