À 4h04...

Il est 4h04.

Je m’arrête sur la pensée qui me traverse actuellement l’esprit.

Zoom.

Il faut bien avouer une chose : noir.

C’est le noir complet. Le vide intersidéral.

Il est 4h04.

Et mes pensées se sont arrêtées.

Mais je me dis que, si elles se sont arrêtées, c’est qu’elles ont un jour commencé. Elles ont filé comme le vent à travers les branches d’un arbre pour se poser au détour d’une feuille. Elles ont vogué, navire de tempête sur l’océan houleux de l’esprit pour s’échouer à leur entendement sur la plage paradisiaque d’une île profondément déserte.

Parce qu’elles ont le droit de commencer, de s’arrêter, de s’envoler, de se laisser porter.

Parce qu’elles sont libres.

Il est toujours 4h04.

Et je pense à ceux que l’on bride. Ces gens autour desquels on érige un mur à l’esprit.

Et, nous, petits princes heureux, cessons de nous imaginer brimés, censurés quand les autres souffrent de ne pas pouvoir décider quoi croire, en quelle idée folle, personnelle, éphémère ou ancrée dans la vérité avoir la foi.

N’oublions pas notre liberté de penser sans limites, si ce n’est celles que l’on s’impose à soi-même…

Il n’est plus 4h04.

Une minute s’est écoulée.

Et une nouvelle idée traverse mon esprit.

Le cycle recommence.

Les pensées sont un cri, si on veut bien leur laisser le temps de s’exprimer.

« Penser fait la grandeur de l’homme », Blaise Pascal.

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